Autolibre : quand une start up s'attaque à l'électrique

La semaine dernière, nous vous présentions le portrait de Philippe Bécoulet, l’entrepreneur qui se cache derrière le projet Autolibre. Certains d’entre vous ont voulu en savoir plus. Attentifs à la satisfaction de nos membres, nous avons sorti notre plus belle plume et échangé avec l’entrepreneur en question afin de nourrir votre curiosité, au moins sur ce sujet Autolibre ! Nous n’avons pas de secteur d’activité favori sur UStartMe. Mains on ne peut qu’être heureux de voir l’écosystème start up français s’affranchir progressivement de sa composante BtoB / Web pour que des projets à forte composante environnementale et sociétale comme Autolibre voient le jour.

Le contexte : les voitures électriques en 2014, on en est où ? 

On ne va pas vous refaire tout le discours sur les particules fines, l’effet de serre et la raréfaction du pétrole… En France, la prise de conscience sur le sujet est réelle et contrairement à nos voisins outre-atlantique, la réflexion sur les transports propres a commencé depuis quelques années, avec les succès mitigés que l’on connait. 

Plus que les aspects environnementaux, c’est bien le comportement de la population et des élus qui sont en train d’évoluer et qui laissent penser que les 5 prochaines années automobiles seront plus électriques que les précédentes, où à part un concept-car de temps en temps au salon de Genève (NdlR : un salon automobile prestigieux), nous n’avions rien à nous mettre sous la dent. L’essor de la consommation collaborative, la baisse du pouvoir d’achat des ménages et de nombreux autres facteurs font que l’achat/entretien/parking d’une voiture est de plus en plus rationalisé. Les initiatives des grands de l’automobile, de certaines mairies et l’explosion du co-voiturage nous montrent que la révolution est en marche. 

Enfin, un chiffre qui fera plaisir aux plus chauvins d’entre vous : avec 8000 points de charge en France fin 2013, nous sommes le premier parc européen en électrique. Devant les allemands, tout à fait.

C’est sur les bases de ces constats prometteurs que Philippe Bécoulet lance son projet Autolibre : proposer des véhicules électriques en location et en auto-partage dans les villes de moins de 100 000 habitants.

Pourquoi les villes de moins de 100 000 habitants ?

Douce France, tes villages et tes clochers...

Considérant que le maillage administratif français n’était pas assez compliqué, nous avons inventé un ensemble d’organisations urbaines plus ou moins complexes, allant de la rigolote com-com (communauté de communes) aux agglomérations de tailles variées en passant par les superbes « villes nouvelles » des Yvelines. L’objectif louable de cette manoeuvre : dynamiser des zones périurbaines et mettre en commun certains services publics. Si l’on se concentre sur les transports dans ces zones urbaines, on se rend compte que peu de solutions alternatives au véhicule privé existent. Le dernier bus passe a 18h34, le village où vous jouez au foot n’est pas desservi et Taxi Jean-Luc doit être réservé 4 jours à l’avance pour aller à l’aéroport le plus proche.

Au sein de ces structures urbaines, le besoin est principalement exprimé par 3 acteurs :

  • Les particuliers : pour trouver rapidement et à moindre frais un véhicule pour un besoin ponctuel
  • Les entreprises qui veulent adapter leur flotte de véhicules aux besoins du moment
  • Les acteurs du tourisme qui veulent proposer à leurs clients une solution de transport autonome pour leurs balades

L’objectif d’Autolibre est d’offrir des véhicules électriques immédiatement disponibles, assurés et chargés à l’ensemble des acteurs identifiés ci-dessus. L’objectif : offrir une solution flexible et peu onéreuse à des acteurs dont les besoins évoluent constamment. 

Concrètement, comment cela fonctionne ?

Pour répondre au besoin de flexibilité, Autolibre développe un outil Internet permettant d’obtenir rapidement une voiture dans un secteur donné. La restitution à des endroits différents est bien évidemment possible et même plus : un réseau de partenaires permet de simplifier le dépôt des véhicules (garages, hôtels, parking).
D’un point de vue pécuniaire, on notera que le premier « plein » d’énergie est offert et que le coût d’utilisation des véhicules sera très faible, notamment grâce à des abonnements (aussi bien pour les particuliers que pour les professionnels).

Si les horribles caisses à savons Autolib vous rébutent, ce qui suit va vous plaire!

Les véhicules sont fabriqués par les grands constructeurs tels que Renault, Volkswagen, Daimler-Mercedes, Peugeot, etc. Ils présentent toutes les garanties de sécurité et ils sont homologués au même titre que les modèles thermiques.
Le plein d’énergie est fait lorsque le client loue un véhicule. Le client peut recharger si nécessaire le véhicule à l’agence, chez lui ou sur les bornes publiques disponibles dans l’agglomération moyennant une participation financière de 2 euros. 
Autolibre se développe aujourd’hui dans la ville de Bourges où la première agence va ouvrir ses portes. Pourquoi ? Grâce à une vraie volonté des élus de progresser dans leur démarche d’urbanisation responsable. Le département du Cher installera 100 bornes de charge publiques en 2015 dont une vingtaine dans Bourges.

On vous a donné notre vision du projet, on laisse maintenant la parole aux deux Philippe en charge d’Autolibre, qui vont nous parler de l’état de leur entreprise aujourd’hui mais surtout de leur vision pour les prochains mois.

Autolibre aujourd’hui : on en est où?

« Le projet démarre avec l’ouverture d’une première agence à Bourges. La flotte initiale compte 6 véhicules légers, 3 utilitaires et 3 scooters. Elle sera adaptée à la réponse du marché aisément puisqu’à l’exception des deux roues tous les véhicules sont loués auprès des concessionnaires automobiles partenaires. »

Vos objectifs pour les 18 prochains mois

« Obtenir rapidement 10 véhicules sur notre première agence de Bourges afin de générer un CA annuel HT prévisible d’environ 100 K€. Par la suite, une agence en croisière devrait fonctionner avec une trentaine de véhicule et 2 employés stables à temps plein. Côté déploiement national, le réseau Autolibre doit s’étendre à une dizaine de villes d’ici à 5 ans. »

Concernant les besoins de financement, avec un expert comptable dans la place, gageons que cela soit solide.

Petit tour d’horizon rapide des besoins rationalisés par Autolibre.

« Les besoins financiers de démarrage de l’entreprise (de juin 2014 et jusque fin 2015) sont évalués entre 100 et 150 K€. Outre les investissements pour l’installation de l’agence (55 K€) et son besoin de trésorerie (environ 15 K€ par mois), c’est d’un capital solide en garantie que l’entreprise a besoin pour rassurer ses partenaires, essentiellement les concessionnaires auprès desquels seront ouverts les contrats de location longue durée des véhicules et les banques sollicitées. »

Les dirigeants cherchent un ou des investisseurs ayant confiance dans le développement des véhicules électriques. En effet, le projet est une grande première en France et la confiance de l’investisseur dans la technologie apportera au projet des fonds mais surtout conseils et crédibilité vis-à-vis des partenaires extérieurs (banques et concessionnaires essentiellement). Côté conditions de sortie, les dirigeants tablent sur une rentabilité à N+3.

Le mot de la fin

Une chose est sûre : le monde des transports est en pleine révolution, révolution technologique mais surtout comportementale. Impossible de dire aujourd’hui qu’il existe une solution unique pour tous les segments de marché et dans chaque pays. 

La prétention d’Autolibre est simple et rationnelle : offrir une solution cohérente et durable dans un contexte géographique maîtrisé, les villes de moins de 100 000 habitants. Quand on voit aujourd’hui combien de start up cherchent à conquérir le monde entier sans passer par l’étape « dominer une niche », et qui finissent par se planter… Gageons qu’Autolibre et ses deux Philippe partent quant à eux dans une bonne direction ! 

Pour en savoir plus :

Le profil de Philippe : http://www.ustartme.com/linternaute

La page d'Autolibre : http://www.ustartme.com/autolibre

Auteur de l'article :
U'Start'Me
Organisation

Sébastien Paillet
Le Jeudi 15 Mai 2014 à 0h50
Je vois !

Ca représente combien de véhicules pour atteindre ces objectifs ?
Philippe BECOULET
Le Jeudi 15 Mai 2014 à 19h09
25 véhicules par agence environ . La répartition entre les voitures de tourisme et les véhicules utilitaires légers se fera suivant la demande)

- les deux-roues peuvent être en nombre plus important.
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